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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 21:18

Constantine est reconnue, de par le monde, comme un des hauts lieux du tourisme, en termes de sites et de dépaysement. Cet aspect est aujourd’hui perdu de vue, faute d’infrastructures, mais aussi du fait de l’inconséquence des hommes.

Constantine était pourtant appréciée, tant par les gens de passage que par ses habitants. C’était un lieu de villégiature, où tant de choses, tant chez les hommes que dans la nature faisaient qu’on s’y attachait.


Gens de savoir, artistes, musiciens et poètes, habiles artisans, honorables négociants, figures épicuriennes, hautes en couleurs, courageuses et généreuses personnalités, fiers serviteurs de Dieu et grands amoureux de la vie, faisaient de cette ville, alors à l’échelle de ses habitants, un endroit privilégié.


Privilégiée, Constantine l’était aussi, par son site grandiose, où roche, eau et verdure se marient en une rare harmonie, pour faire de la ville et de ses environs, un lieu enchanteur, dont la félicité fut maintes fois chantée, en musique « Ksemtini ». Cette belle musique, dont le raffinement, même en allegro, ne s’est jamais démenti, démontrant la virile douceur des mœurs constantinoises. Musique dont les fluides sonorités, ne manquent jamais d’évoquer, outre le rossignol, le murmure des eaux. Constantine tirait sa vitalité de ses hommes et de son eau.


Car, on ne le souligne pas assez, l’eau était partout, dans les fontaines publiques de la ville et en d’innombrables endroits connus pour leur beauté.


On citera les bassins « Rémès », au fond des gorges, où par la grâce d’une source généreuse, l’eau coulait à flots, pour le plus grand bonheur des ébats des petits et des bains ou baignades des plus âgés. On pouvait accéder à ces lieux de joie et de détente, grâce au fameux Chemin des touristes, miraculeuse corniche pédestre, qui serpentait à flanc des parois vertigineuses du ravin, offrant au visiteur des sensations uniques au monde.


On citera aussi Sidi M’cid, rare rendez-vous de l’exubérance de la nature, de la dextérité des hommes et de l’émotion d’un dévotion au-delà des croyances des uns et des autres, animistes, juives et musulmanes.


Sidi M'cid! Site féerique s’il en est, appréciable en toutes saisons, grâce à la source d’eau chaude, dont on ne sait aujourd’hui si elle s’est tarit ou a vu son cours souterrain détourné, à moins, comme me le confiait sérieusement un vieux d’El Ghaba (nom donné aux environs du site), qu’elle ne soit "fâchée" contre nous.CNE.jpg Cette source alimentait trois piscines, la « P’tite », avec sa pittoresque cascade et son rocher creux, le « Primo » avec sa forme irrégulière et ses abords ombragés dallés de brique, où il faisait bon s’allonger, à même le sol, en été et l’« Olympique » vaste bassin de compétition, avec ses plots, son plongeoir et …ses anneaux olympiques stylisés.


Les piscines et la table réputée du bel établissement que fut le Palmarium (à l’instar de celle du Cirta, du Transat et de l’Aéroport), dont les terrasses donnant directement sur les bassins, furent longtemps, avec le Casino municipal (qui aura vu la prédiction de son rasage, connue à Constantine, effectivement se réaliser), synonymes de joie de vivre constantinoise, une joie de vivre naturelle, une propension à la joie et au divertissement.


Citons aussi la grande voûte souterraine, sous le pont d’El Kantara, lorsque le fleuve disparaît au regard, merveilleuse grotte, où le Rhummel forme un véritable lac sous le roc, où stalagmites et stalactites forment d’étranges silhouettes de piliers gothiques, où fontaines et cascades finissent par charmer, après les yeux, l’oreille.


L’oreille qui entendra plus bas, en aval, le bruit des chutes de Sidi M’cid, que surplombe un pont en pierre taillée, d’où on peut deviner, au loin, le mausolée du légendaire Sidi M’hamed el Ghorab (qui mis dans un sac et jeté dans l'Abime depuis le sinistre Kef chkara s'est transformé en corbeau) et ses gueltas, lieux de cérémonies maraboutiques, où l’eau et les tortues, sont au centre de spectaculaires rites féminins propres à la région.


Que d’eau, aussi, sur les hauteurs, à Djebel el Ouahch, où des travaux d’aménagement et de drainage au début du siècle dernier, ont permis l’apparition de charmants lacs artificiels, au milieu de bois où il a fait bon se promener pour des générations de Constantinois.


Comme il fera toujours bon se promener le soir, sur le Boulevard de l’Abîme, cherchant la mer, au delà du mont Chettaba et découvrant, finalement, les plus beaux couchers de soleil, ici, à Constantine.

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