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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 17:06

BENZELIKHA SOCIETE CIVILE-copie-3

 

 

 

1/ Les organisations sociales :  

 

la société est formée de plusieurs segments constitutifs plus ou moins agissants, selon les conditions historiques. L’action de ces segments constitue la vie sociale et détermine les aspects sous lesquels se présente l’état d’une société à un moment donné de son histoire.

 

Ces segments peuvent avoir à se manifester sous différentes formes et s’exprimer de différentes manières. Dans les sociétés organisées, où les espaces de manifestation et d’expression sont fortement formalisés, une modélisation a été élaborée sous forme d’entités de regroupement des segments les plus importants.


Ces entités, constituent en particulier les organisations d’encadrement social, associations et autres unions, fondées sur une caractérisation sociale originelle revendiquée.

 

Revendication en termes d’intérêts, liés à l’activité, la tranche d’âge, le genre ou à des préoccupations diverses, par les segments qu’ils représentent, à travers bien sûr des lectures idéologiques et politiques mais sans se constituer en partis politique, qui relèvent d’une autre nature et d’autre rapports avec la société.


Ces organisations seront appelées, dans d’autres modèles conceptuels « organisations syndicales et sociales », « organisation de masse » ou encore « d’encadrement », « organisation socioprofessionnelle », représentation de forces vives ».

 

2/ La démarche participative :  

 

Pour de multiple raisons, depuis l’effondrement du camp soviétique et la promotion des modèles libéraux, on constate, à l’échelle mondiale, une « désaffection » vis-à-vis de l’activité politique de masse, comme moyen de médiation entre la politique et le social.

 

En Algérie, l’évolution de la société, la dynamique pluraliste qui la traverse et les enjeux d’avenir commandent une ouverture sur la société et une représentativité de proximité de plus en plus fine.

 

La gestion harmonieuse et efficace de la Cité exige une concertation sociale permanente, un partenariat crédible et la vision la plus large possible en termes d’implication.


De même les préoccupations sociales doivent fidèlement se manifester et s’exprimer dans différents cadres, à différents niveaux, de manière démocratique et ce à travers une démarche citoyenne.

 

Cette double exigence entre une gouvernance harmonieuse et une représentativité exhaustive, passe par l’existence d’organisations d’encadrement ouvertes sur la société et ses segments les plus vivaces et la capacité des instances politiques à instaurer une relation de débat non-hiérarchisée, mais fonctionnelle, avec ces mêmes organisations et donc avec la dynamique sociale.

 

Cette approche instaure une synergie tant dans la prise de décision que dans l’application effective de celle-ci et de son degré d’impact.

 

La démarche participative, outre son aspect démocratique et sa nature citoyenne est donc fondée sur l’implication, comme aspect déterminant de l’efficacité.

 

3/ Les organisations représentatives :

 

En s’inscrivant dans la démarche participative, les organisations sociales, acquièrent une valeur représentative, par elle-même, c'est-à-dire par leurs capacités à se constituer en émanation des segments dont elles sont issues et au plus proche de leur vision.


Vision qu’elles se doivent non seulement de manifester et d’exprimer mais auxquelles aussi elles contribuent activement à l’élaboration.


Elaboration qui passe par la mobilisation des compétences qui trouvent dans les organisations le terrain propice à leur émergence et la formalisation participative de leur savoir. C'est ainsi que représentativité et compétences, contribueront à la caractérisation effective de la démarche participative dont ils sont des éléments intrinsèques.

 

4/ La politique participative :  

 

Au-delà d’une démarche civique, la perspective participative constitue une véritable politique, fondée sur des principes, une stratégie et des objectifs. Cette politique permet d’assurer la cohésion de la stabilité des politiques tracées par ailleurs et de leur assurer tant un bon accueil, qu’un retour d’écoute, tout en leur constituant une large assise.

 

5/ Les organisations participatives :

 

Dans le cadre de la politique participative développée plus haut, des choix se doivent d’être faits, en termes de partenariats. En effet les interlocuteurs peuvent se constituer en partenaires ou en en adversaires, selon leurs positions par rapport aux politiques, alors que toute politique participative exige un partenariat actif. Un partenariat présupposant une entente sur un minimum de préalables fondamentaux ou conjoncturels, une organisation représentative ne s’érige en organisation participative que sur la base d’une telle entente.


Ce qui exclura, d’emblée et de facto, un certain nombre d’organisations.

Ce qui est tout à fait normal et constitue même un signe de bonne santé démocratique et conjure les effets de l’unanimisme totalitariste.


Ceci dit, les voies du dialogue et de l’échange de points de vue divergents doivent être maintenues avec les organisations non-partenaires. Une telle position s’inscrit dans l’ouverture participative sur la société et ses moteurs.

 

 

6/ Relations entre pouvoirs publics et organisations sociales :

 

Ces relations s’articuler autour de deux idées principales : l’implication de la population dans tout projet la concernant, notamment socio-économique et l’existence d’acteurs représentatifs de la société.

 

Dans un cadre stratégique la première idée indique un objectif à atteindre, tandis que la seconde révèle un moyen de réalisation.

 

C’est une stratégie d’adhésion et de mobilité sociopolitique, caractéristiques des modes de gouvernement dits consensuels Le développement d’une telle stratégie conduira les pouvoirs publics à une prise en charge plus fine et plus adaptée, tant à la conjoncture qu’aux données pérennes.


Cette prise en charge est effective de par une légitimation sociale des solutions proposées par les pouvoirs publics. Lesquelles solutions sont élaborées de concert avec la population, via les organisations représentatives.

 

7/ Limites :

 

Toutefois le modèle participatif possède des limites objectives. Ces limites concerneront la démarche et ses protagonistes, organisations sociales et pouvoirs publics.

 

Pour la démarche, il est clair que la concertation ne peut objectivement gommer toute divergence, bien au contraire elle peut les révéler, sinon les exacerber.

La concertation pour être efficace doit aussi être permanente et non ponctuelle autour d’enjeux, souvent de pouvoir, immédiats.

 

L’idée participative implique aussi de part et d’autre des concessions, parce qu’elle participe de la citoyenneté, impliquant de ce fait des droits mais aussi des devoirs, elle doit donc s’inscrire dans un cadre ne négociations responsable, de part et d’autre.

 

La négociation elle-même n’est pas une fin en soi et doit déboucher sur des résultats tangibles et ne pas servir de moyen coercitif ou de monnayer telle ou telle position.


Pour les organisations sociales, les limites seront souvent dues à la confusion à terme entre leur rôle social et dans le cadre participatif, leur implication politiques.


Une saine implication non pas politique, mais « du social dans le politique », exige une concertation permanente au sein de l’organisation elle-même, en vue d’assurer la représentativité des segments sociaux mandataires et non des appareils. L’organisation sociale ne peut véritablement jouer son rôle, vis-à-vis des pouvoirs publics, de la société et surtout d’elle-même qu’en s’y conformant.


Pour les pouvoirs publics, les limites seront sans doute dues aux artifices, dont peut-être porteuses la démarche participative, en cas d’instrumentalisation, de mauvaises foi, ou de fausses appréciations de la représentativité des organisations impliquées.

 

Les pouvoirs publics peuvent aussi se heurter aux limites des contradictions idéologiques dont leurs démarches peuvent être porteuses et qui souvent nient ou minorent toute résistance sociale, toute confrontation idéologique et toute opposition des intérêts des groupes sociaux en présence.

 

Cette démarche de négation et de minoration, ne participe en rien, faut-il le souligner, de la démarche participative qui ne saurait être un leurre, un artefact idéologique en vue d’enjeux de pouvoir, mais constitue un instrument de gestion sociopolitique, de régulation et de bonne gouvernance.

 

L’ensemble des points examinés plus haut démontre le rôle central des organisations sociales, dans la mise en place de mécanismes de développement des principes rattachés à la bonne gouvernance et du développement de la société en général autour d’objectifs acceptes, sinon partages.

 

Ainsi dans toute démarche politique et pour accéder au rang de « partenaire social » veritable, l’organisation sociale doit  se constituer en lieu moderne mobilisation et en creuset des compétences, à travers un enracinement populaire et une écoute libre et permanente de la société dans la diversité de ses segments et de leurs projections politiques, au niveau de la gestion publique.

 

Gestion qui ne saurait être, par définition quasi tautologique, que démocratique.    

 

                                                               Ahmed BENZELIKHA

      

 

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