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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 20:58

chabert.jpg 

Un précieux roman d'Honoré de Balzac : Le Colonel Chabert

Livre complet à lire sur Wikisource en cliquant ci-dessus

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 18:19

Pour Marcel Proust, Vue de Delft est "le plus beau tableau du monde" . Après l'avoir lui-même découvert au Jeu de Paume, à Paris, en 1921, il le décrit dans À la recherche du temps perdu :

« Il remarqua, pour la première fois, des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. "C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune."»

 

 

Vermeer-view-of-delft.jpg

 

Vue de Delft par Johannes Vermeer

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 21:24

DOSTOIEVSKI-BENZELIKHA.jpg

 

Au mouvement romanesque, qui se réalise à travers la procession de faits et d’événements, lesquels, judicieusement disposés , selon un ordre déterministe , engendrent le récit, Dostoïevsky substitue un mouvement qui se produirait plutôt dans le for intérieur des personnages, par la prospection de ce qu’ils ont de plus intime, par le regard porté sur leur condition, les forces qui les animent les croyances qui les habitent. Les faits seront quasi accessoires, la narration détournée. On ne raconte pas une histoire mais l’homme. La critique littéraire avancera habituellement le concept de roman psychologique à l’endroit des œuvres de Dostoïevsky.

 

C’est à l’âge de cinquante ans, en 1871, que Dostoïevsky écrit Les possédés ou Les démons ; Il en situe les protagonistes dans la Russie du 19 ème siècle marquée du sceau des Romanov , où nombreux étaient les intellectuels de toutes vocations et où croupissait dans la misère et l’ignorance la majorité de la population , ces " âmes mortes " à l’instar de Gogol , qui bientôt croiront ressusciter .


Les possédés pose fondamentalement la problématique de l’homme fort en ce qu’elle signifie , ce qu’elle comporte ou exclut , Stravoguine, le personnage central, est celui qui incarne dans le roman l’archétype de l’homme fort selon Dostoïevsky.


Singulière œuvre que Les possédés. En pénétrant dans le roman on pressentira l’imminence d’importants événements mais rien ne se produira pour autant , l’attente sera vaine , telle celle d’un des héros de Buzzati.


Les personnages vivent une angoisse permanente , celle qui précède les catastrophes , on partage cette angoisse , mais elle parvient si diffuse ,si confuse qu’on ne se l’explique pas .Certes on nous révèle l’existence de graves manœuvres qui se dérouleraient dans la clandestinité , mais on n’en saura pas plus . Tous est immobile , figé... pourtant on ressent une évolution lente mais régulière , une sorte de mouvement statique général.


L’ordre de présentation des personnages , mérite qu’on s’y arrête : le lecteur fera d’abord connaissance des personnage secondaires, tous ayant approché Stravoguine , à travers eux il croira pouvoir parvenir à s’en faire une image . Las ! lorsque Stravoguine apparaît tout s’estompe , on est déçu de se trouver face à un homme quelconque , presque banal , que rien n’élève au dessus du commun , à l’inverse de tout ce qu’on imaginait .L’insignifiance de Stravoguine est renforcée par la mise en valeur d’autre personnages tels Verhonsky ,Cheskov et surtout Kirilov.


Mais le plus important c’est cette manière extraordinaire dont Dostoïevsky décortique chaque personnage le met à nu ,et enseigne magistralement , véritablement , sur l’humain , celui de la Russie du 19 ème siècle , mais aussi et surtout universel .C’est un bain de jouvence pour l’esprit dont l’issue est une lucidité renouvelée .On découvre ou plutôt on redécouvre l’homme et ses réalités .


Enfin l’épilogue .Grandiose .Des pièces de puzzle éparpillées tout le long du roman qui prennent naturellement place à leur lieu objectif. Stravoguine qui émerge sous son véritable jour grâce à cette homogénéisation centripète dont il est le point nodal .Tous les personnages auront subi son emprise , ils ne sont qu’une image projetée ,imparfaite , caricaturale de Stravoguine.


Le roman en est bouleversé , transfiguré, tout comme la lecture qu’on en avait fait .Et Stravoguine se suicide. L’homme fort s’annihile , lui qui n’a jamais cessé de dominer les autres et envers lesquels il ne jette qu’un regard méprisant , comprend l’inanité de sa force dans ce monde vil et corrompu où tout n’est qu’artifice.


Les hommes qui souffrent inventent un homme fort , puis le suivent . Il est fort parce qu’ils ont voulu qu’il (re)présente à leurs yeux l’image d’un avenir meilleur. L’idée qu’il symbolise et qu’il prêchera n’est d’abord qu’un prétexte. Après viendra la conviction. Dès lors qu’il y a convection la victoire est certaine, le temps étant son plus sûr allié. Alors un homme « fort » sera vainqueur et les hommes continueront de souffrir .


Quant à Stravoguine s’il est ,aux yeux de Dostoïevsky ,le véritable homme fort, celui qui ne doit rien aux autres , il condamné à la faillite. Fort par lui-même, il n’a pas besoin des autres. Fort par lui-même, ils n’ont pas besoin de lui. L’homme fort disparaît laissant l’humanité à sa folie collective.

 

                                                                                        Ahmed BENZELIKHA

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 21:00

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:00

Terre des hommes

 

" La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l’homme à tous les vieux problèmes. J’ai toujours, devant les yeux, l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine. Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l’espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d’Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu'aux plus discrets, celui du poète, de l'instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d'étoiles éteintes, combien d'hommes endormis… Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne."

 

Antoine de Saint-Exupéry

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 22:46

En 1866, Hugo  publie Les travailleurs de la mer, fort, épique, ce roman est, à l'instar de Notre-Dame de Paris et des Misérables, le récit, d'abord, d'une lutte. "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent", ainsi écrivait-il, ainsi campe t-il ses personnages. Celui des Travailleurs de la mer est Gilliatt. Personnage tout de force contenue et de volonté puissante, il est au centre de cette oeuvre, dédiée au-delà de l'homme à la mer. De l'homme ou de la mer, qui donne sens à l'autre ? Sans doute faut-il chercher la réponse dans le combat que Gilliatt livre aux éléments, pour arracher à l'océan un navire englouti, pour remporter la main d'une jeune fille désirée, qui lui préferera un autre. Le suicide de Gilliatt clos le roman et démontre, non pas l'inanité de la lutte, mais la solitaire grandeur du lutteur. De l'humain :

 

 

"Le soir approchait. Derrière Gilliatt, dans la rade, quelques bateaux de pêche rentraient.  L’œil de Gilliatt, attaché au loin sur le sloop, restait fixe. Cet œil fixe ne ressemblait à rien de ce qu’on peut voir sur la terre. Dans cette prunelle tragique et calme il y avait de l’inexprimable. Ce regard contenait toute la quantité d’apaisement que laisse le rêve non réalisé ; c’était l’acceptation lugubre d’un autre accomplissement. Une fuite d’étoile doit être suivie par des regards pareils. De moment en moment, l’obscurité céleste se faisait sous ce sourcil dont le rayon visuel demeurait fixé à un point de l’espace. En même temps que l’eau infinie autour du rocher gild-holm-’ur, l’immense tranquillité de l’ombre montait dans l’œil profond de Gilliatt. Le cashmere, devenu imperceptible, était maintenant une tache mêlée à la brume. Il fallait pour le distinguer savoir où il était. Peu à peu, cette tache, qui n’était plus une forme, pâlit. Puis elle s’amoindrit. Puis elle se dissipa. à l’instant où le navire s’effaça à l’horizon, la tête disparut sous l’eau. Il n’y eut plus rien que la mer." Victor Hugo.

 

   Victor-Hugo-Benzelikha-Gilliatt.jpg

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 21:28

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 19:28
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 22:56
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