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Dans une atmosphère empreinte de curiosité et de passion littéraire, Ahmed Benzelikha a rencontré ses lecteurs, au stand des éditions Hibr, à l’occasion du 28e SILA. L'auteur d’Elias, figure marquante de la scène intellectuelle algérienne, y présentait son tout dernier roman, Constantine, le voyage extraordinaire, une œuvre à la fois poétique et philosophique, qui plonge le lecteur dans les entrailles mystérieuses de la cité des Ponts suspendus.
Dans ce nouveau roman, Benzelikha transporte son lecteur au cœur des «douames», ces passages souterrains mythiques serpentant sous Constantine, également appelée «Madinet El Haoua», la cité des abîmes et de la passion. Ce monde inversé, où des fraternités se réfugient pour préserver leurs valeurs, devient le théâtre d’une allégorie sur la résistance, la mémoire et la quête de sens. À la surface, un cyprès millénaire, celui de Sidi-Bouanaba, symbolise la permanence et la fraternité. «Si on ne peut pas planter un arbre, il faut, au moins, ne pas l’arracher», rappelle l’auteur dans une phrase qui résume, à elle seule, l’esprit de son œuvre : la nécessité de préserver les racines humaines, spirituelles et culturelles d’un peuple. Chroniqueur de presse et expert en communication, Ahmed Benzelikha manie le verbe avec la rigueur du chercheur et la sensibilité de l’artiste.
Ses romans, traduits ou commentés au-delà des frontières, abordent des thèmes universels, le rapport entre l’art et la modernité, la mémoire collective, la fraternité et la quête identitaire. «Constantine, le voyage extraordinaire» est un roman qui rend hommage à la ville de Constantine, sa ville natale, l’une des plus anciennes et emblématiques cités d’Algérie. À travers une écriture poétique et évocatrice, Ahmed Benzelikha nous convie dans un voyage à la fois réel et symbolique, où le passé, le présent et le rêve se mêlent pour faire revivre la mémoire d’une ville suspendue entre ciel et terre. Le narrateur entreprend un voyage initiatique dans cette ville perchée sur ses falaises vertigineuses. Il y découvre ses légendes, ses héros, ses musiciens, ses poètes et ses mystères.
Chaque lieu traversé, le pont Sidi M’Cid, la Casbah, les ruelles anciennes, devient une porte ouverte sur une époque, une culture, une âme. À travers ce périple, l’auteur célèbre l’histoire millénaire de Constantine, son rôle dans la civilisation arabo-musulmane, mais aussi sa renaissance contemporaine. Le voyage devient ainsi une quête d’identité et de mémoire, un dialogue entre la tradition et la modernité, entre la pierre et le rêve. Au SILA, les visiteurs ont pu échanger avec un auteur attentif, passionné et profondément ancré dans sa ville natale. Entre discussions sur l’inspiration, la symbolique de la roche noire évoquée dans Constantine, le voyage extraordinaire et réflexions sur l’avenir du livre en Algérie.
Cette séance de vente-dédicace a été l’occasion, pour nombre de lecteurs, de redécouvrir un écrivain dont la plume relie la mémoire à la modernité, la cité visible à celle, invisible, de l’esprit. Avec «Constantine, le voyage extraordinaire», Ahmed Benzelikha signe un hommage vibrant à sa ville natale, mais aussi une méditation sur la fraternité, les racines et la lumière qui persiste au cœur des ténèbres.
Sihem Oubraham.