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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 09:18

Il y a eu ce mardi, à l’Agora du livre, l’image bleuie d’un livre où s’exhale l’harmonieux air d’“un bel été qui ne craint pas l'automne, en Méditerranée” de feu Georges Moustaki (1934-2013). Et à y voir de près, l’image de l’œuvre Elias du journaliste Ahmed Benzelikha (éditions Casbah), celle-ci reflète tantôt la basilique de Notre-Dame d’Afrique à Bologhine (Alger), tantôt l’image d’Ésope et de la fable à l’époque hellénistique.

De ce fait, l’auditoire de la librairie Media Book de l’Enag a retrouvé son âme “d’enfant aux yeux noirs” et s’est mis à rêver de son bassin ou plutôt de ce berceau où “il jouait lorsqu’il était enfant”. Et à ce propos, l’invité du jour exhibe de sa mémoire d’enfant, le rivage de Tamanart de la presqu’île d'El-Djarda à Collo où il jouait lui aussi dans ce site si riche “des siècles d’histoires, des prophètes, des dieux mais aussi des civilisations”.

Si tant qu’à l’autre bout de l’image, il y a aussi l’horizon du grand large où se côtoient l’évasion mais aussi l’aventure. Alors, et pour y mettre le pied à l’étrier de l’aventure, il suffit pour Elias d’embarquer à bord d’un cargo piloté par un timonier que l’on imagine sorti d’un épisode de Corto Maltese, cet aventurier des mers né lui aussi de l’imaginaire d’Ugo Eugenio Prat dit Hugo Pratt (1927-1995).

Seulement, Elias est aussi l’Ulysse de la contemporanéité et qui a le sens du détail référentiel qu’il a préalablement inscrit sur sa carte maritime, dont le premier référent se rattache à l’escale d’“Ahl El-Kahf” ou (les sept dormants d’Éphèse ou Les gens de la caverne) selon la sourate 18 “La Caverne” et récitée des versets 9 à 26, a déclaré l’orateur.

Du reste Elias incarne également “l’Isra et Mêradj” ou l’ascension en voyage nocturne du Prophète Mohammed (QSSSL) à dos de boraq et en compagnie de l’ange Jibril (Gabriel), a-t-on su de l’auteur de La fontaine de Sidi Hassan (éditions Casbah). Et au chapitre sur le dialogue des civilisations, Ahmed Benzelikha mande Elias en sa qualité de plénipotentiaire sur l’échiquier de la réconciliation entre l’Orient et l’Occident avec l'analyse de Omar et l'Occident (2009).

Donc, autant se référer à la minute de poésie et dire : “Heureux qui comme Elias a fait un beau voyage” au cœur de la photo de couverture du roman qui évoque la toile Dans l'azur bleu (1918) de l’artiste peintre russe Arkadi Rylov (1870-1939). “Heureux qui comme Elias” a cédé à L’appel du large compilé dans le recueil de poèmes Les Regrets de Joachim Du Bellay (1522-1560). “Elias évoque le voyage à dos des flots avec sur sa carte maritime un flot d’énigmes qu’il incombe au lecteur de dénouer”, a ajouté le linguiste et auteur du manifeste Pour une nouvelle intellectualité (1989).

Et depuis, Elias a levé la voile sous le soleil d’été qui poudroie la grande bleue et qui câline le hâle d’Elias. “Un été qu’il a fait sien, puisqu’il a l’attrait de la pulpeuse fraise panachée à l’eau de mer qui perle à ses lèvres. Il vogue ainsi en mordillant à belles dents dans l’inconnu et chevauche le temps qui s’ouvre dans l’opulente étendue au bleu azur”, poétise l’auteur à la page 9.

Autre énigme, l’œil du cyclope qui ose le regard unique qui est source de l’intolérance et du rejet de l’autre, a conclu l’auteur du roman La Roqya de Cervantès (éditions Alpha 2016). Mais on n’en dira pas plus pour ce qui est d’Elias, qu’il est loisible de lire pour aller à la rencontre du masque de la vérité et de renouer avec l’action et l’aventure de notre tendre jeunesse. À noter que l’après-midi littéraire a été modéré par notre confrère Abdelhakim Meziani. 
 

L. N.

in LIBERTE du 12 mars 2020
 

Elias d’Ahmed Benzelikha (éditions Casbah,
2019), 87 pages, prix 500 DA


 

 

 
 

 

 

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