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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 21:36

Ahmed BENZELIKHA développe les enjeux de l'intelligence artificielle #IA  dans une conférence internationale

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivait François Rabelais il y a près de cinq siècles. Un « avertissement » d’une actualité criante avec la prolifération des machines et la quatrième révolution industrielle qu’est celle du numérique. Cette dernière possède plusieurs « visages » et le plus perceptible reste l’IA, l’intelligence artificielle, qui est loin d’être restreinte à son aspect technique. Son expansion suscite de nouvelles peurs de par le monde et, évidemment, l’Algérie ne peut  en être épargnée.

Une «science sans conscience», c’est ainsi une IA sans éthique. Une situation partout appréhendée et qui a enclenché plusieurs actions et réactions. En Algérie, l’étape est encore au stade des balbutiements, mais la «résistance» s’organise. Des lanceurs d’alertes, certes rares, montent au créneau dans l’espoir d’éclairer et de mettre en avant l’importance de l’éthique dans le monde de l’Intelligence artificielle.
Plan anti «Big Brother»
L’un d’eux est Ahmed Benzelikha, président du comité communication et information à l’Unesco-Algérie. Dans une conférence animée samedi dernier au siège de la Commission nationale de l’organisation onusienne à laquelle il appartient, cet expert en Digital a abordé le sujet des valeurs éthiques et de l’intelligence artificielle. L’occasion pour lui de s’étaler sur la face cachée… La manipulation ne date pas d’aujourd’hui. Ahmed Benzelikha le rappelle en prenant comme exemple une arnaque qui remonte à la fin du 18e siècle. Il avait fait référence au fameux turc mécanique, où un automate était présenté comme joueur imbattable, ou presque, en jeux d’échecs, alors que la vérité, dévoilée près d’un siècle après, était bien autre. L’arnaque consistait en la «présence» d’un compartiment secret dans lequel un joueur humain se glissait, sans être «visible», et pouvait ainsi manipuler le mannequin. Le turc mécanique est finalement toujours d’actualité avec tout ce qui se passe en ce 21e siècle. «Aujourd’hui, on est un peu dans la même situation», affirme ainsi Ahmed Benzelikha. Il prendra comme exemple le réseau social, Facebook, «une entreprise derrière laquelle il y a des personnes qui perçoivent des algorithmes». Une entité parmi le quatuor des géants numériques américains du GAFA (les trois autres étant Google, Amazon et Apple) dont le pouvoir, à l’échelle planétaire, devient de plus en plus puissant. D’ailleurs, dans ce monde digital, la concurrence est très rude. Face aux multinationales occidentales, l’Est n’est pas resté les bras croisés. La Chine conquérante s’est dotée de ses propres armes avec ces géants numériques, représentés par le BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Des conglomérats qui «contrôlent et savent ce que nous faisons», mentionne le conférencier. Il n’omettra pas de convoquer des «références» pour décrire les nouvelles données apportées par la révolution numérique en cours. A la formule bien connue de Descartes «Je pense donc je suis», le responsable de l’Unesco-Algérie l’«actualise» par une autre expression «je suis fiché par un ordinateur, donc je suis». Que faire face à ces puissances ? Que faire devant le danger de se retrouver devant des machines programmées à s’autoprogrammer ? Ahmed Benzelikha préconise une défense par l’éthique, en insistant sur «les valeurs humanistes». Selon lui, c’est le meilleur moyen de «dépasser les clivages et la seule manière de pouvoir vivre ensemble». Pour cela, il faut prendre l’intelligence artificielle comme «une opportunité» à prendre en main et ainsi éviter de se retrouver plongé dans le monde non-féérique de «Big Brother», si cher à Georges Orwell, ou encore aux dimensions hyperboliques de Isaac Asimov. Promouvoir l’éthique à tous les niveaux, et essentiellement au sein de la société, est, pour le représentant de l’Unesco-Algérie, «primordial et vital». 
Lors de sa conférence il en a abordé plusieurs aspects. L’un d’eux lui tenait à cœur, et qui n’avait rien de «technique». Il s’agit du côté spirituel, omis et négligé, mais dont l’impact, selon Ahmed Benzelikha, ne pourra qu’être concret. Sa «plaidoirie», sur ce sujet, il l’a intitulé comme une «valeur suprême» présentée comme «un modèle pour les humains» qui pourra faire annihiler les méfaits multicéphales de l’Intelligence artificielle. L’angle n’est d’ailleurs pas étranger à Ahmed Benzelikha, qui est également un écrivain, puisqu’il l’a également abordé dans son dernier roman «Elias», où spiritualité et «monde moderne» sont confrontés à travers les turpitudes du personnage principal.

Timides initiatives
Les effets et l’impact de l’IA ont été également au centre d’autres initiatives, privées ou «officielles», lancées en Algérie. Peu nombreuses il faut le préciser, mais à encourager tout de même. Entre autres, il y a l’événement «MeetUp» dédié à l’Intelligence artificielle et organisé en février dernier au Théâtre national algérien (TNA). Etaient présents surtout l’Algéro-français Idriss Aberkane, le spécialiste des neurosciences appliquées et dont l’intitulé de la conférence était «L’intelligence artificielle est-elle supérieure à l’intelligence humaine ?».
Côté officiel, il est à noter l’annonce, il y a quelques jours, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique des préparatifs, par son département, pour la mise en place d’une «stratégie nationale d’intelligence artificielle afin de relever les défis imposés par le développement durable, à la lumière des transformations numériques en cours». Juste un effet d’annonce ? La question ne peut que s’imposer devant les multiples promesses et «projets» lancés par les institutions étatiques et qui sont restés sans effet.

Salim Koudil.

 

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